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Trichurose
La trichurose est due à un ver rond appelé ver fouet, à cause de sa forme : une extrémité très fine, comme un fil, et une extrémité épaisse, comme le manche d'un fouet. La partie fine s'enfonce dans la paroi du gros intestin, où le ver rest...
De quoi s'agit-il ?
La trichurose est due à un ver rond appelé ver fouet, à cause de sa forme : une extrémité très fine, comme un fil, et une extrémité épaisse, comme le manche d'un fouet.
La partie fine s'enfonce dans la paroi du gros intestin, où le ver reste ancré et se nourrit.
Dans la plupart des troupeaux, ce parasite est présent en petit nombre et ne fait rien : on le découvre par hasard lors d'une analyse de crottes ou à l'abattoir. Il est souvent surinterprété.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Le plus souvent, aucun signe : la présence de quelques vers fouets est banale et sans conséquence.
Dans les infestations importantes, chez les jeunes surtout : diarrhée persistante ou récurrente, selles molles à liquides.
Selles parfois teintées de sang ou striées de mucus, l'aspect étant lié aux lésions de la paroi du gros intestin.
Efforts pour déféquer et arrière-train souillé.
Amaigrissement, croissance qui décroche, laine terne.
Pâleur des muqueuses lorsque les saignements se prolongent.
Déshydratation et affaiblissement quand la diarrhée dure.
Animaux abattus, qui restent couchés et pâturent peu.
Les signes ne sont jamais spécifiques : ils ressemblent à ceux de plusieurs autres parasitoses digestives et de la coccidiose, d'où la nécessité d'une analyse.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
Les vers adultes vivent dans le gros intestin, la partie finale du tube digestif, ancrés dans la paroi par leur extrémité fine.
Ils pondent des œufs caractéristiques, en forme de citron avec un bouchon à chaque extrémité, qui partent dans les crottes.
Ces œufs mûrissent lentement dans le milieu extérieur et deviennent ensuite infestants. Ils résistent à la sécheresse, au soleil et au froid, et peuvent rester dangereux pendant des années dans un sol de parc, une aire d'attente ou le pourtour d'un abreuvoir.
L'animal les avale avec l'herbe, la terre ou l'eau souillée. Les larves se développent dans la paroi de l'intestin, puis les vers s'y ancrent durablement.
Le développement est lent : il faut du temps entre la contamination et l'apparition des œufs dans les crottes, ce qui rend l'origine difficile à situer.
Comme la contamination s'accumule au même endroit année après année, ce sont les zones de stationnement qui deviennent des foyers durables.
Jeunes animaux, dont l'immunité n'est pas construite.
Parcs, aires d'attente et abords de bâtiments utilisés en permanence depuis des années, sans curage ni repos.
Sols nus, terre battue, boue autour des abreuvoirs et des points de distribution.
Chargement élevé et animaux qui broutent au ras de sols souillés.
Animaux mal nourris ou déjà porteurs d'autres parasites : le cumul fait la maladie plus que le ver fouet seul.
Mélange d'animaux d'âges différents sur les mêmes surfaces restreintes.
Humidité persistante dans les parcs, qui favorise la survie des œufs.
Transmission
Il n'y a pas de contagion directe entre animaux : la contamination se fait en avalant des œufs présents dans le sol, sur l'herbe souillée ou dans l'eau.
Ce ver ne se transmet pas à l'homme. Le ver fouet humain est une espèce différente, qui ne provient pas des moutons.
Les zones de forte concentration sont les vrais foyers : parcs d'attente, couloirs de contention, abords des abreuvoirs et des auges, aires de distribution du fourrage, coins d'ombre où les animaux stationnent.
Une parcelle ou un parc contaminé le reste très longtemps, même après une période sans animaux.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le diagnostic passe par une analyse de crottes : les œufs de ver fouet, en forme de citron à bouchons, sont très reconnaissables au microscope.
La présence de quelques œufs ne signifie pas que le ver fouet est responsable de ce que l'on observe. Le vétérinaire interprète le résultat en fonction de la quantité, de l'âge des animaux et des autres parasites présents. C'est un point important : conclure trop vite conduit à traiter à côté du vrai problème.
Il recherche systématiquement les autres causes de diarrhée avec sang chez les jeunes, en particulier la coccidiose, très fréquente et qui se traite différemment.
L'examen d'un animal mort montre les vers plantés dans la paroi du gros intestin, avec leur extrémité fine enfoncée : c'est très caractéristique.
Une prise de sang évalue le retentissement lorsque des saignements se prolongent.
Le vétérinaire s'intéressera aussi à l'endroit où vivent les animaux : dans cette maladie, l'examen des parcs vaut souvent autant que l'examen des bêtes.
Traitement
Des antiparasitaires internes agissent sur ce ver, mais tous ne se valent pas : le ver fouet est réputé plus difficile à éliminer que d'autres vers ronds, en partie parce qu'il est ancré dans la paroi du gros intestin. Le choix du produit et de la forme revient au vétérinaire, et un contrôle après traitement est souvent utile.
Aucune dose ni aucun rythme ne se décide seul.
Répéter les vermifuges sans rien changer à l'environnement est la principale cause d'échec : les animaux se recontaminent immédiatement sur un sol saturé d'œufs. Dans cette maladie plus que dans d'autres, le vermifuge sans nettoyage ne sert à rien.
Les animaux qui ont beaucoup de diarrhée ont besoin d'eau propre, d'un abri sec et d'une bonne ration ; les plus atteints peuvent nécessiter une réhydratation sur avis vétérinaire.
Les délais d'attente viande et lait doivent être demandés avant tout abattage ou toute traite.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Agir sur le sol, c'est l'essentiel : curer régulièrement les parcs, les aires d'attente et les abords des bâtiments, évacuer le fumier et laisser les surfaces reposer.
Bétonner ou stabiliser les zones les plus fréquentées, autour des abreuvoirs et des auges, permet un nettoyage réel ; sur terre battue, les œufs restent en place.
Surélever les auges et les râteliers pour que les animaux ne mangent pas au contact du sol souillé.
Assécher les points boueux et réparer les fuites d'abreuvoirs.
Faire tourner les parcs plutôt que d'utiliser toujours les mêmes surfaces, et éviter d'y mettre systématiquement les jeunes.
Compostage du fumier avant épandage : la montée en température détruit une partie des formes parasitaires.
Piloter le parasitisme du troupeau par des analyses de crottes régulières, plutôt que par des traitements répétés.
Nourrir correctement les jeunes en croissance, qui encaissent alors bien mieux la charge parasitaire.
Complications possibles
Anémie chez les animaux qui saignent de façon prolongée dans le gros intestin.
Déshydratation et affaiblissement sévère lors des diarrhées durables.
Retard de croissance persistant chez les jeunes atteints.
Surinfection et aggravation par d'autres parasites ou par des bactéries digestives, l'intestin abîmé se défendant mal.
Arrière-train souillé en permanence, avec risque de myiases en saison chaude.
Installation durable du parasite sur l'exploitation, les œufs restant infestants des années dans les sols non gérés.
Quand consulter un vétérinaire
Des animaux ont une diarrhée qui dure ou qui revient, malgré les traitements déjà donnés.
Des selles contiennent du sang ou du mucus : faites analyser plutôt que de traiter au hasard.
Des jeunes maigrissent et décrochent en croissance sur des parcs souillés.
Des muqueuses sont pâles chez un ou plusieurs animaux.
Un animal est déshydraté, abattu, ne se lève plus : consultez sans attendre.
Les mêmes problèmes reviennent chaque année au même endroit de l'exploitation : c'est l'environnement qu'il faut examiner avec le vétérinaire.
Pronostic
Bon dans la grande majorité des cas : les animaux traités et remis sur des surfaces propres se rétablissent.
Les jeunes fortement atteints gardent un retard de croissance qui pèse sur les résultats.
Le pronostic à l'échelle de l'exploitation dépend presque entièrement de la gestion des sols : sans curage ni rotation des parcs, la maladie revient malgré les traitements.
Un animal déjà anémié et déshydraté a un pronostic plus réservé et demande une prise en charge rapide.
Questions fréquentes
Le laboratoire a trouvé des œufs de ver fouet : est-ce lui le responsable ?
Pas nécessairement. Ce ver est souvent présent en petit nombre sans faire de dégâts. C'est la quantité, l'âge des animaux et la présence d'autres parasites qui comptent. Le vétérinaire interprète le résultat dans son ensemble, car conclure trop vite fait passer à côté du vrai problème, souvent la coccidiose ou d'autres vers.
J'ai vermifugé plusieurs fois et la diarrhée revient, pourquoi ?
Parce que les œufs de ce ver survivent des années dans le sol des parcs. Les animaux se recontaminent le jour même du traitement. Sans curage, assèchement et rotation des surfaces, aucun vermifuge ne réglera durablement le problème.
Est-ce que ce ver peut donner le ver fouet à mes enfants ?
Non. Le ver fouet humain est une espèce différente, qui ne vient pas des moutons. Cela ne dispense pas des règles d'hygiène habituelles à la ferme : se laver les mains après avoir manipulé les animaux et avant de manger.
Faut-il bétonner mes parcs pour s'en débarrasser ?
Ce n'est pas obligatoire partout, mais c'est très efficace là où les animaux stationnent le plus : abords des abreuvoirs, des auges et des couloirs de contention. Sur une terre battue, les œufs restent en place quoi qu'on fasse ; sur une surface dure, un vrai nettoyage devient possible.
Références
FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 11 août 2026
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