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Trypanosomose animale
La trypanosomose animale est une maladie du sang causée par des parasites microscopiques qui circulent dans le sang et les tissus. Elle est transmise par des mouches piqueuses. En Afrique subsaharienne, la mouche tsé-tsé en est le vecteur p...
De quoi s'agit-il ?
La trypanosomose animale est une maladie du sang causée par des parasites microscopiques qui circulent dans le sang et les tissus.
Elle est transmise par des mouches piqueuses. En Afrique subsaharienne, la mouche tsé-tsé en est le vecteur principal ; ailleurs, dont en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, la transmission se fait surtout mécaniquement par les taons et les mouches d'étable qui passent d'un animal à l'autre.
Elle touche les bovins, mais aussi les dromadaires, les chevaux et les ânes, avec des formes parfois très différentes selon l'espèce.
À retenir
Maladie chronique et débilitante, à signalement obligatoire dans certains pays pour certaines de ses formes. Le diagnostic doit être posé par le vétérinaire avant tout traitement.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Fièvre qui va et vient, plutôt que fièvre continue : elle passe souvent inaperçue.
Anémie progressive : muqueuses des yeux et des gencives de plus en plus pâles.
Amaigrissement continu malgré une alimentation correcte, poil terne et piqué.
Abattement, animal qui reste en arrière, fatigue à l'effort.
Ganglions augmentés de volume, palpables sous la peau.
Œdèmes des parties basses : membres, dessous du ventre, poche sous la mâchoire.
Chute de la production laitière, avortements, difficultés à obtenir une gestation.
Larmoiement et opacité de l'œil chez certains animaux.
Dans les formes avancées, faiblesse extrême et signes nerveux, avec un animal qui finit par ne plus se relever.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
Les responsables sont des parasites microscopiques du genre Trypanosoma, qui vivent dans le sang et les tissus.
Plusieurs espèces existent, avec des gravités différentes selon la région du monde et l'espèce animale touchée.
Ces parasites changent en permanence leur apparence vis-à-vis des défenses de l'animal, ce qui leur permet d'échapper au système immunitaire. C'est aussi la raison pour laquelle aucun vaccin n'existe.
L'anémie et l'affaiblissement des défenses sont les conséquences principales de leur présence.
Les zones à forte densité de mouches piqueuses et de taons, en particulier autour des points d'eau et des zones humides en saison chaude.
L'introduction d'animaux venant de régions où la maladie circule, sans quarantaine ni dépistage.
Le voisinage ou le mélange avec des dromadaires, souvent porteurs.
Les interventions groupées sur le troupeau réalisées sans changer d'aiguille.
Les animaux affaiblis, sous-alimentés, ou soumis à un travail intense.
Les déplacements de troupeaux et la transhumance.
Transmission
Par la piqûre d'insectes : mouche tsé-tsé dans sa zone de répartition, taons et mouches piqueuses ailleurs.
Dans la transmission mécanique, l'insecte transporte simplement du sang infecté d'un animal à un autre : plus les animaux sont serrés et les mouches nombreuses, plus la maladie circule.
Par le matériel souillé de sang, notamment les aiguilles réutilisées d'un animal à l'autre : c'est une voie évitable et souvent sous-estimée.
De la mère au petit dans certains cas.
Il n'y a pas de contagion par simple contact, ni par le lait.
Les mouvements d'animaux, en particulier de dromadaires, jouent un rôle majeur dans l'introduction de la maladie dans une région indemne.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Faites appel au vétérinaire devant tout amaigrissement inexpliqué accompagné de pâleur des muqueuses, surtout dans une zone où la maladie est connue.
Le diagnostic repose sur l'examen du sang au microscope, où le parasite peut être vu, et sur la mesure du degré d'anémie.
Le parasite n'est pas toujours détectable à un instant donné : des examens répétés ou des tests de laboratoire plus sensibles sont parfois nécessaires.
Des tests sérologiques et moléculaires existent en laboratoire spécialisé, notamment pour dépister les animaux porteurs.
Signalez au vétérinaire l'origine des animaux, les déplacements récents et la présence de dromadaires dans l'environnement.
Dans plusieurs pays, certaines formes de la maladie doivent être déclarées aux services vétérinaires : renseignez-vous.
Traitement
Des traitements spécifiques, appelés trypanocides, existent. Leur emploi relève strictement du vétérinaire.
La résistance des parasites à ces traitements est un problème avéré, alimenté par des usages répétés, mal ciblés ou incomplets. Un traitement mené sans diagnostic ni suivi peut faire plus de mal que de bien à long terme.
Le traitement doit s'accompagner de soins de soutien : repos, alimentation de qualité, eau propre, et prise en charge des autres parasites qui aggravent l'anémie.
Un animal traité peut rechuter s'il reste exposé aux mouches : le traitement seul ne résout rien sans lutte contre les vecteurs.
Les délais d'attente pour le lait et la viande doivent être respectés ; seul le vétérinaire prescripteur peut vous les indiquer.
N'utilisez jamais un trypanocide de votre propre initiative ni un reste de traitement : c'est le meilleur moyen de sélectionner des parasites résistants dans votre région.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Lutte contre les mouches piqueuses et les taons : gestion du fumier, assainissement des zones humides autour des bâtiments, protection des animaux aux périodes de forte activité des insectes, sur avis vétérinaire.
Une aiguille par animal, et désinfection du matériel entre les animaux.
Quarantaine et dépistage de tout animal introduit, en particulier des dromadaires et des animaux venant de zones où la maladie circule.
Surveillance de l'état corporel et de la couleur des muqueuses lors des manipulations de routine.
Alimentation et abreuvement corrects : un animal en état supporte beaucoup mieux l'infestation.
Il n'existe pas de vaccin, en raison de la capacité du parasite à échapper aux défenses de l'organisme. La prévention repose donc entièrement sur les vecteurs, l'hygiène et le contrôle des mouvements d'animaux.
Complications possibles
Anémie sévère et amaigrissement extrême, avec un animal qui finit par ne plus se relever.
Infertilité, avortements, retard de mise à la reproduction.
Baisse durable de la production laitière et de la capacité de travail des animaux de trait.
Affaiblissement des défenses immunitaires, avec des infections secondaires et une moindre réponse aux vaccinations.
Signes nerveux dans les formes avancées.
Mortalité, surtout chez les animaux non traités ou traités tardivement.
Quand consulter un vétérinaire
Un animal maigrit de façon continue sans cause évidente, avec un poil terne.
Les muqueuses des yeux ou des gencives sont pâles.
Vous observez des ganglions gonflés ou des œdèmes des membres et du dessous du ventre.
La production laitière baisse et les avortements ou les échecs de gestation se multiplient dans le troupeau.
Plusieurs animaux présentent les mêmes signes après l'introduction d'animaux venus d'ailleurs.
Un animal est très faible ou ne se relève plus : c'est une urgence.
Pronostic
Diagnostiquée tôt et traitée sous contrôle vétérinaire, la maladie guérit dans une bonne part des cas, mais la remise en état demande du temps.
Chez un animal très amaigri et anémié, le pronostic est réservé.
Sans lutte contre les mouches piqueuses, les réinfestations sont la règle et le troupeau reste durablement pénalisé.
Les conséquences les plus lourdes sont souvent chroniques : moins de lait, moins de veaux, animaux qui ne finissent pas.
Questions fréquentes
Cette maladie est-elle la même que la maladie du sommeil chez l'être humain ?
Non. La maladie du sommeil humaine est due à des parasites différents, présents en Afrique équatoriale. Les formes qui touchent les bovins, les dromadaires et les chevaux sont des maladies animales : elles ne se transmettent pas à l'éleveur par le contact, le lait ou la viande.
Mes dromadaires peuvent-ils contaminer mes vaches ?
Oui, indirectement. Les dromadaires sont souvent porteurs, et les mouches piqueuses transportent le parasite d'un animal à l'autre, y compris entre espèces. Le partage des points d'eau et des enclos augmente le risque.
Pourquoi n'existe-t-il pas de vaccin ?
Parce que le parasite change constamment d'apparence vis-à-vis des défenses de l'animal : l'immunité acquise ne le reconnaît plus. C'est pour cette raison que la prévention repose sur la lutte contre les mouches, l'hygiène des aiguilles et le contrôle des animaux introduits.
Puis-je traiter préventivement tout mon troupeau ?
Ce n'est pas une décision à prendre seul. L'usage répété et non ciblé des trypanocides sélectionne des parasites résistants, un problème déjà bien réel. La stratégie se définit avec le vétérinaire, en fonction de la pression locale et du dépistage.
Références
WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)
FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 09 août 2026
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Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
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