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Maladie bactérienne Mouton, Chèvre Transmissible à l'homme

Yersiniose ovine

La yersiniose est une infection de l'intestin due à des bactéries du genre Yersinia. Elle touche surtout les jeunes ovins en croissance, agneaux sevrés et antenais, et se traduit par une diarrhée qui résiste aux traitements habituels. Sa pa...

De quoi s'agit-il ?

La yersiniose est une infection de l'intestin due à des bactéries du genre Yersinia. Elle touche surtout les jeunes ovins en croissance, agneaux sevrés et antenais, et se traduit par une diarrhée qui résiste aux traitements habituels.

Sa particularité, qui explique presque tout, est que ces bactéries aiment le froid : elles se multiplient à basse température, dans l'eau, dans le sol détrempé et dans les fourrages mouillés. Les cas surviennent donc en hiver et au début du printemps, par temps froid, pluvieux et venteux, alors que la plupart des problèmes digestifs du mouton frappent plutôt en saison chaude.

La maladie éclate typiquement après un stress : sevrage, transport, changement d'alimentation, sous-alimentation, mauvais temps prolongé sans abri.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Diarrhée aqueuse, souvent verdâtre ou grisâtre, parfois avec du mucus et des traces de sang.

Arrière-train souillé, laine collée à la queue et aux cuisses.

Amaigrissement rapide chez des animaux qui étaient jusque-là en pleine croissance : c'est ce décrochage brutal qui frappe l'éleveur.

Abattement, animaux qui restent couchés, en arrière du lot, et qui ne suivent plus.

Refus de manger et déshydratation.

Fièvre chez une partie des animaux, souvent modérée et de courte durée.

Muqueuses pâles lorsque la diarrhée se prolonge.

Quelques morts, en général parmi les animaux les plus atteints ou les plus faibles.

Dans un lot, plusieurs animaux sont touchés sur quelques jours à quelques semaines, tandis que les autres restent apparemment sains.

Détail qui met souvent sur la piste : les animaux ne s'améliorent pas après un vermifuge correctement administré.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

Les bactéries responsables vivent dans le milieu extérieur et dans le tube digestif de nombreux animaux, en particulier les oiseaux sauvages, les rongeurs et les chats, qui les éliminent sans être malades.

Elles se multiplient à basse température : l'eau froide, le sol détrempé, les fourrages mouillés et les litières humides constituent d'excellents réservoirs.

Les animaux se contaminent en avalant ces bactéries avec l'eau, l'herbe souillée ou le fourrage tombé au sol et piétiné.

La présence de la bactérie ne suffit pas : il faut presque toujours un facteur déclenchant qui abaisse les défenses, sevrage, transport, sous-alimentation, froid et humidité prolongés.

Une fois installée, elle enflamme la paroi de l'intestin, qui laisse fuir l'eau et n'absorbe plus : d'où la diarrhée et l'amaigrissement rapide.

Le cumul avec les vers digestifs et la coccidiose est fréquent, ce qui brouille encore le tableau.

Agneaux sevrés et antenais en croissance : ce sont de très loin les plus touchés.

Période froide et humide, fin d'hiver et début de printemps, épisodes de pluie et de vent prolongés.

Sevrage, transport, tri, changement de lot ou de bâtiment, surtout lorsque ces événements sont regroupés sur la même semaine.

Changement brutal d'alimentation, ration insuffisante, période de disette.

Absence d'abri contre le vent et la pluie sur les parcelles.

Abreuvement dans des flaques, des ruisseaux et des abreuvoirs sales.

Fourrage distribué à même un sol détrempé et piétiné, au lieu d'un râtelier.

Stocks d'aliments accessibles aux oiseaux et aux rongeurs.

Animaux déjà affaiblis par les vers digestifs ou par la coccidiose : les problèmes se cumulent souvent chez les mêmes animaux.

Transmission

La transmission se fait par la bouche, à partir d'un milieu souillé : eau, sol détrempé, fourrage tombé au sol, litière humide.

Les oiseaux sauvages et les rongeurs contaminent les stocks d'aliments et les abreuvoirs : ce sont des relais importants, souvent négligés.

Les animaux malades éliminent la bactérie dans leurs crottes et contaminent à leur tour le lot et la parcelle.

Le froid et l'humidité favorisent la survie et même la multiplication de la bactérie dans le milieu, à l'inverse de la plupart des germes : un hiver pluvieux est une saison à risque.

Il n'y a pas de contagion par simple contact entre animaux propres et secs : c'est le milieu qui fait circuler la maladie.

L'être humain peut se contaminer par les mêmes voies : eau non potable, aliments souillés, mains sales après contact avec des animaux malades ou leur litière.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Devant une diarrhée d'agneaux sevrés, le vétérinaire ne peut rien conclure à l'œil : coccidiose, strongyloses digestives, salmonellose et yersiniose donnent des tableaux voisins et se traitent différemment.

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Il réalise donc des prélèvements : analyse de crottes avec recherche des parasites et des coccidies, et mise en culture pour rechercher la bactérie. Cette culture demande des conditions particulières, aussi faut-il préciser au laboratoire que la yersiniose est suspectée, sans quoi elle peut passer inaperçue.

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L'autopsie d'un animal mort est particulièrement utile : les lésions de l'intestin et des ganglions orientent rapidement le diagnostic. Ne faites pas disparaître un agneau mort au milieu d'un épisode de diarrhée.

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Le vétérinaire recherche l'élément déclenchant : date du sevrage, changement de ration, météo des semaines précédentes, présence d'un abri, qualité de l'eau et du fourrage.

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Un repère précieux pour l'éleveur : un lot d'agneaux qui ne s'améliore pas après un vermifuge correctement administré doit faire chercher autre chose, et non recevoir un second vermifuge.

Traitement

Appelez le vétérinaire dès que plusieurs animaux d'un lot ont la diarrhée : c'est à ce moment que l'on peut encore protéger les autres.

Le traitement associe des antibiotiques, choisis par le vétérinaire et si possible guidés par une analyse de laboratoire, et une réhydratation, qui reste la mesure qui sauve les animaux les plus atteints.

Ne donnez pas d'antibiotique de votre propre initiative et ne réutilisez pas un reste de flacon : le choix du produit dépend du germe, et un traitement mal conduit entretient les résistances sans guérir l'animal.

Un vermifuge donné seul ne règle rien s'il s'agit d'une yersiniose. Il peut néanmoins être justifié en parallèle lorsque les analyses montrent aussi des parasites, ce qui est fréquent chez ces animaux.

Sortez les animaux malades du lot, mettez-les à l'abri du vent et de la pluie, sur une litière sèche, avec de l'eau propre et un fourrage de bonne qualité.

Améliorez immédiatement les conditions pour tout le lot : abri, alimentation, eau propre, fourrage distribué au râtelier et non à même le sol. Sans cette correction, les cas continuent malgré le traitement.

Respectez les délais d'attente pour la viande et le lait des produits prescrits.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Étaler les facteurs de stress : ne pas sevrer, transporter, trier et changer la ration dans la même semaine.

Soigner la période de sevrage, qui est la plus risquée : transition alimentaire progressive, ration suffisante, lots homogènes et stables.

Offrir un abri contre le vent et la pluie sur les parcelles pendant la saison froide : c'est souvent la mesure qui manque.

Distribuer le fourrage au râtelier ou en auge, jamais à même un sol détrempé et piétiné.

Garantir une eau propre : nettoyer les abreuvoirs, empêcher l'abreuvement dans les flaques et les ruisseaux.

Protéger les stocks d'aliments des oiseaux et des rongeurs, et lutter contre les rongeurs dans les bâtiments.

Maîtriser en parallèle les vers digestifs et la coccidiose, qui affaiblissent les mêmes animaux au même âge.

Surveiller de près les lots d'agneaux sevrés pendant les périodes froides et humides, et faire analyser dès les premiers cas plutôt que d'attendre.

Se laver les mains après avoir manipulé des animaux malades ou leur litière : la bactérie touche aussi l'être humain.

Complications possibles

Mort par déshydratation chez les animaux les plus atteints, surtout lorsque le traitement a été retardé.

Retard de croissance durable, qui pénalise tout le lot jusqu'à la vente et ne se rattrape pas complètement.

Anémie et affaiblissement général après une diarrhée prolongée.

Arrière-train souillé en permanence, qui attire les mouches dès le retour de la chaleur et prépare le terrain aux myiases.

Sensibilité accrue aux autres maladies chez des animaux affaiblis.

Épisodes qui se répètent chaque hiver tant que l'abri, l'eau et la conduite du sevrage ne sont pas corrigés.

Contamination possible de l'entourage humain, en particulier des enfants.

Quand consulter un vétérinaire

Plusieurs agneaux sevrés d'un même lot ont la diarrhée pendant une période froide et humide.

Des animaux maigrissent vite alors qu'ils étaient en pleine croissance.

La diarrhée contient du mucus ou des traces de sang.

Un animal est déshydraté, abattu, ou ne se relève plus : consultez le jour même.

Les animaux ne s'améliorent pas après un vermifuge : ne redonnez pas de vermifuge, faites analyser.

Des agneaux meurent au cours d'un épisode de diarrhée : conservez le corps au frais pour le vétérinaire.

Une personne de la ferme présente fièvre, diarrhée et douleurs du ventre pendant l'épisode : elle doit consulter un médecin et signaler le contact avec les animaux.

Transmission à l'humain

Les bactéries responsables de la yersiniose des ovins peuvent aussi infecter l'être humain. La contamination se fait par l'eau non potable, les aliments souillés, et les mains portées à la bouche après contact avec des animaux malades, leurs crottes ou leur litière.

Chez l'humain, l'infection donne de la fièvre, une diarrhée et surtout des douleurs abdominales du côté droit qui peuvent ressembler à une crise d'appendicite, en particulier chez l'enfant et l'adolescent. Des douleurs articulaires peuvent apparaître dans les semaines qui suivent. Un avis médical est nécessaire, et il est utile de signaler au médecin le contact avec des animaux malades.

Ces bactéries se multiplient au froid, y compris dans des aliments conservés au réfrigérateur : la réfrigération ne protège donc pas, seule une cuisson correcte le fait.

Les précautions sont simples : gants pour manipuler les animaux malades et les litières souillées, lavage des mains au savon après chaque contact et avant de manger, vêtements et bottes réservés à l'élevage, et jeunes enfants tenus à l'écart des locaux atteints.

Ne buvez pas d'eau non traitée à la ferme et ne consommez pas le lait cru des animaux malades ou sous traitement.

Pronostic

Les animaux traités tôt, réhydratés et remis à l'abri se rétablissent le plus souvent bien.

Ceux qui ont beaucoup maigri gardent un retard de croissance qui pèse sur le lot jusqu'à la vente.

Quelques pertes sont fréquentes parmi les animaux les plus atteints, surtout lorsque le traitement a été retardé par des vermifuges donnés à l'aveugle : c'est le temps perdu qui coûte le plus cher.

À l'échelle du lot, l'évolution dépend autant de la correction des conditions que du traitement : abri contre le vent et la pluie, alimentation suffisante et eau propre pèsent aussi lourd que les médicaments.

Questions fréquentes

Mes agneaux sevrés ont la diarrhée en plein hiver, alors que j'ai vermifugé. Pourquoi ?

Parce qu'il ne s'agit peut-être pas de vers. La yersiniose frappe justement les agneaux sevrés par temps froid et humide, et aucun vermifuge n'y fait quoi que ce soit. Un lot qui ne s'améliore pas après un vermifuge correctement administré doit être analysé, pas vermifugé une seconde fois.

Comment la distinguer de la coccidiose ?

On ne peut pas les distinguer à l'œil : même âge, même saison, même diarrhée, et elles se cumulent souvent. Seule une analyse de crottes, complétée d'une mise en culture, permet de trancher. Précisez au vétérinaire que vous suspectez une yersiniose, car sa recherche demande des conditions particulières au laboratoire.

Pourquoi cette maladie sort-elle en hiver et pas en été ?

Parce que la bactérie se multiplie au froid, dans l'eau, le sol détrempé et les fourrages mouillés. C'est l'inverse de la plupart des germes. Le froid et la pluie affaiblissent en plus des animaux déjà stressés par le sevrage : les deux effets se cumulent.

Puis-je l'attraper moi-même ?

Oui, c'est une zoonose. Chez l'humain, elle provoque de la fièvre, une diarrhée et des douleurs du ventre du côté droit qui font parfois penser à une appendicite, surtout chez l'enfant. Portez des gants pour soigner les animaux malades, lavez-vous les mains au savon, et consultez un médecin en signalant le contact avec le troupeau.

Références

MSD Veterinary Manual

EFSA — Autorité européenne de sécurité des aliments

CDC — Centers for Disease Control and Prevention

Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 11 août 2026

EN BREF

AgentBactérie
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainOui

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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