Un homme assoiffé descend dans un puits, remonte, puis aperçoit un chien épuisé. Ce récit du Sahih al-Bukhari et du Sahih Muslim rappelle ce que la tradition islamique enseigne devant une créature en détresse.
Un homme marchait sur une route lorsque la soif le saisit avec force. Il trouva un puits, y descendit et but à sa soif, puis il remonta. C'est alors qu'il vit un chien qui haletait et léchait la terre humide, tant il avait soif. Ce récit est rapporté par le Prophète Muhammad ﷺ dans le Sahih al-Bukhari et le Sahih Muslim.
Un homme qui se souvient de sa propre soif
Devant ce chien, l'homme se dit, selon le hadith : « Ce chien a atteint la même soif que celle que j'ai connue. » Il ne détourna pas le regard. Il redescendit dans le puits, remplit son khuff (sa chaussure de cuir) d'eau, le tint avec sa bouche pour remonter, puis donna à boire au chien.
Le Prophète ﷺ a dit que Dieu a remercié cet homme pour son geste et lui a pardonné. Les compagnons ont alors demandé : « Ô Messager de Dieu, avons-nous donc une récompense pour ce que nous faisons envers les animaux ? » Il répondit : « Il y a une récompense pour tout être vivant. » (Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim)
Ce que le récit nous enseigne
Ce hadith ne parle pas d'un animal blessé à proprement parler, mais d'un animal en détresse. Il montre la démarche juste devant toute créature qui souffre :
- s'arrêter au lieu de passer son chemin ;
- se mettre à la place de l'animal, comme l'homme se souvient de sa soif ;
- agir avec les moyens dont on dispose, même modestes, comme une simple chaussure remplie d'eau.
La tradition rapporte aussi un autre épisode, dans le Sunan Abi Dawud. Le Prophète ﷺ passa près d'un chameau tellement maigre que son dos semblait collé à son ventre. Il dit : « Craignez Dieu à propos de ces bêtes qui ne parlent pas. » Là encore, l'animal qui souffre appelle l'attention et le soin de celui qui le voit.
Le Coran présente d'ailleurs le Prophète ﷺ comme une miséricorde qui ne se limite pas aux seuls humains :
﴿ وَمَا أَرْسَلْنَاكَ إِلَّا رَحْمَةً لِّلْعَالَمِينَ ﴾
« Et Nous ne t'avons envoyé que comme miséricorde pour l'univers. »
(Sourate Al-Anbiya, verset 107)
Du récit au geste d'aujourd'hui
Face à un animal blessé, l'esprit de ces textes invite à ne pas l'ignorer. Concrètement, on peut le signaler à une personne compétente, appeler un vétérinaire ou une association de protection animale, ou lui apporter de l'eau si cela ne présente aucun danger. Un animal blessé peut avoir peur et se défendre. Il faut donc rester prudent et ne pas se mettre en danger.
Ainsi, l'histoire de l'homme et du chien nous rappelle qu'un simple geste de compassion peut compter beaucoup auprès de Dieu. Chaque fois que nous prenons soin d'une créature fragile, nous suivons l'exemple d'une miséricorde qui s'étend à tous les êtres vivants.