Une chatte assise paisiblement près d'un bol d'eau dans une cour ensoleillée aux motifs islamiques.
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Que signifie être responsable d’une créature placée sous notre garde ?

Une femme fut punie pour avoir laissé mourir de faim une chatte enfermée. Ce hadith rapporté par le Prophète ﷺ enseigne une vérité simple : garder un animal, c'est répondre de sa vie devant Allah.

3 min de lecture · Publié il y a 1 semaine · 11 vues

Parmi les enseignements du Prophète Muhammad ﷺ, il en est un qui bouleverse par sa simplicité et sa rigueur : la responsabilité que porte tout être humain envers l'animal qu'il détient sous sa garde. Ce n'est pas une option, ni un geste de générosité facultative, mais un devoir dont on répond, comme de tout ce qui nous a été confié.

Le récit de la femme et de la chatte

Il est rapporté dans Sahih al-Bukhari et dans Sahih Muslim que le Prophète ﷺ a dit qu'une femme fut châtiée à cause d'une chatte qu'elle avait enfermée jusqu'à ce que celle-ci meure de faim, et qu'elle entra en Enfer pour cela. Le Prophète ﷺ précisa qu'elle ne lui avait donné ni à manger ni à boire lorsqu'elle l'avait enfermée, et qu'elle ne l'avait pas non plus laissée libre de chercher sa nourriture parmi les insectes et petites bêtes de la terre.

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Ce hadith, d'une brièveté saisissante, contient un enseignement d'une portée immense. La faute de cette femme n'était pas d'avoir possédé un animal, mais de l'avoir privé de liberté sans lui assurer les moyens de vivre. En capturant la chatte, elle avait pris sur elle l'entière charge de sa survie ; en la négligeant, elle a manqué à cette charge jusqu'à en provoquer la mort.

Ce que signifie « être responsable »

Les savants qui ont commenté ce hadith y voient un principe fondamental : dès lors qu'une créature dépend de nous, que ce soit un animal domestique, un animal de trait ou même une bête sauvage que l'on a capturée, nous devenons garants de ses besoins essentiels. Cette responsabilité comprend plusieurs dimensions concrètes :

  • Assurer une nourriture et une eau suffisantes et régulières ;
  • Ne pas imposer d'enfermement qui empêcherait l'animal de subvenir lui-même à ses besoins ;
  • Épargner à la créature toute souffrance inutile, qu'elle soit physique ou liée à la négligence ;
  • Ne jamais considérer qu'un animal, parce qu'il est plus faible ou sans voix, compte moins devant Allah.

Il est également rapporté, toujours dans les recueils authentiques, que le Prophète ﷺ a évoqué à l'inverse la récompense accordée à celui qui prend soin d'un animal en détresse, notamment à travers le récit de l'homme ayant donné à boire à un chien assoiffé, et qui fut pardonné par Allah pour ce geste. Ces deux récits se répondent : la miséricorde envers l'animal ouvre la porte du pardon, la négligence envers lui peut conduire au châtiment.

Une leçon toujours actuelle

Ce hadith n'appartient pas seulement au passé. Il interpelle directement quiconque possède aujourd'hui un animal de compagnie, élève du bétail ou recueille une créature blessée. La garde d'un être vivant n'est jamais un droit sans contrepartie : elle engage une obligation morale et spirituelle envers ce qui ne peut ni parler, ni se plaindre, ni réclamer justice par lui-même.

Ainsi, cette histoire, si brève soit-elle, résume à elle seule tout un pan de l'éthique islamique envers les animaux : nous ne sommes pas leurs maîtres absolus, mais leurs gardiens temporaires, comptables devant Allah de la manière dont nous traitons ceux qui dépendent de notre bonté. Que ce soit un chat, un chien, une volaille ou tout autre être placé sous notre toit, veiller à son bien-être n'est pas un supplément à notre foi : c'en est une expression concrète et quotidienne.

Sources

Récit relu par l'équipe éditoriale Animalia.

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