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Maladie bactérienne Mouton, Chèvre

Anaplasmose ovine

L'anaplasmose est due à une très petite bactérie qui vit à l'intérieur des globules rouges du mouton et de la chèvre. Les globules rouges parasités sont repérés puis détruits par l'organisme lui-même, principalement dans la rate. L'animal s...

De quoi s'agit-il ?

L'anaplasmose est due à une très petite bactérie qui vit à l'intérieur des globules rouges du mouton et de la chèvre.

Les globules rouges parasités sont repérés puis détruits par l'organisme lui-même, principalement dans la rate. L'animal se retrouve peu à peu en manque de sang : il pâlit, il s'essouffle, il ne suit plus.

La maladie est transmise par les tiques, mais aussi par tout ce qui fait passer une goutte de sang d'un animal à l'autre : une aiguille réutilisée, une lame de tonte, un couteau de castration ou de bouclage.

À retenir

Un mouton très anémié peut mourir d'être simplement attrapé ou transporté. Devant des muqueuses blanches, on soigne l'animal sur place, sans le courir ni le charger.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Pâleur progressive des muqueuses : l'intérieur de la paupière inférieure, les gencives et la vulve passent du rose franc au rose pâle puis au blanc. C'est le signe le plus constant.

Coloration jaune des muqueuses et parfois du blanc de l'œil, qui apparaît quelques jours après la pâleur : le sang détruit en masse libère un pigment que le foie n'arrive plus à évacuer.

Les urines restent claires ou normales. C'est un point important : leur couleur normale n'écarte en rien la maladie.

Fièvre au début de l'épisode, souvent passée inaperçue parce qu'elle précède les autres signes.

Animal qui reste en arrière du troupeau, qui s'arrête souvent, qui souffle après quelques mètres de côte.

Respiration rapide et cœur qui bat vite, même au repos.

Amaigrissement, laine terne, baisse nette de la production laitière chez les femelles en lactation.

Dans les formes sévères, animal couché qui ne se relève plus ; certains meurent au moindre effort, par exemple pendant un rassemblement, un tri ou un transport.

Chez les jeunes animaux, l'infection passe souvent complètement inaperçue : ils s'immunisent sans qu'on s'en aperçoive.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

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Causes et facteurs de risque

La bactérie responsable pénètre dans les globules rouges et s'y multiplie sans les faire éclater directement.

C'est la réaction de défense de l'animal qui fait les dégâts : la rate élimine les globules rouges marqués par la bactérie, en très grand nombre, plus vite que la moelle osseuse ne peut en fabriquer.

Comme la destruction se fait dans les organes et non dans les vaisseaux, l'hémoglobine ne passe pas dans l'urine : c'est la raison pour laquelle les urines gardent une couleur normale.

Un animal guéri reste porteur pendant longtemps, souvent à vie, sans être malade. Il constitue un réservoir : les tiques qui le piquent repartent chargées et contaminent le reste du troupeau.

Les crises apparaissent surtout quand un animal porteur est affaibli par autre chose : mise bas, sous-alimentation, transport, autre maladie, forte charge en vers.

Saison et zones à tiques : parcours broussailleux, bordures de forêt, haies, murets, bergeries anciennes dont les fissures abritent les tiques.

Introduction d'animaux venant d'une région à tiques dans un troupeau qui n'a jamais été exposé : ces animaux naïfs font les formes les plus graves.

Animaux adultes n'ayant jamais rencontré la bactérie : contrairement à beaucoup de maladies, ce sont ici les adultes qui paient le plus lourd tribut, les jeunes s'immunisant discrètement.

Réutilisation des aiguilles lors des vaccinations et des traitements de troupeau, matériel de tonte et de castration non nettoyé entre les animaux.

Période autour de la mise bas et de la lactation, transport, forte chaleur, sous-alimentation : tout ce qui affaiblit peut réveiller une infection dormante.

Parasitisme interne associé, en particulier le ver rouge de la caillette, qui provoque lui aussi une anémie et aggrave considérablement le tableau.

Regroupements, foires, transhumance et périodes de forte circulation d'animaux comme les semaines qui précèdent l'Aïd.

Transmission

Par les tiques, en premier lieu : la tique se gorge sur un animal porteur puis inocule la bactérie à l'animal suivant. Le risque suit donc la saison des tiques, au printemps et à l'automne dans nos régions, avec une reprise après les pluies.

Par le sang, mécaniquement : une seule aiguille utilisée sur plusieurs animaux, une lame de tonte, un couteau de castration, un instrument de bouclage ou d'écornage suffisent à transporter assez de sang pour contaminer.

Par les mouches piqueuses et les taons, qui transportent du sang d'un animal à l'autre lors de repas interrompus.

De la mère à l'agneau pendant la gestation, dans une partie des cas.

Il n'y a pas de contagion par le simple contact, ni par le partage d'un abreuvoir ou d'une mangeoire.

La maladie ne se transmet pas à l'homme et la viande d'un animal atteint ne présente pas de risque de ce fait.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Le vétérinaire examine la couleur des muqueuses de plusieurs animaux du lot, pas seulement de celui qui a alerté, et recherche la teinte jaune sur les muqueuses et le blanc de l'œil.

2

Il vérifie la couleur des urines : c'est ce point qui oriente entre anaplasmose et babésiose, deux maladies transmises par les mêmes tiques mais qui ne se traitent pas avec les mêmes produits.

3

Une prise de sang permet de mesurer la profondeur de l'anémie et, sur un frottis coloré examiné au microscope, de voir directement la bactérie à l'intérieur des globules rouges.

4

Des analyses de laboratoire plus poussées existent pour confirmer l'espèce en cause et repérer les animaux porteurs sans signes.

5

Le vétérinaire recherche systématiquement les autres causes d'anémie du mouton, très fréquentes dans nos élevages : parasites internes, douve du foie, carences. Plusieurs peuvent coexister chez le même animal.

6

L'examen d'un animal mort est utile : une rate très augmentée de volume et un sang clair et liquide orientent fortement.

Traitement

Le traitement fait appel à une famille d'antibiotiques particulière, active sur les bactéries qui vivent à l'intérieur des cellules. Les antibiotiques utilisés couramment contre les infections respiratoires ou les boiteries n'ont pas d'effet ici : c'est une erreur fréquente et coûteuse en temps.

Le choix du produit, de la voie et de la durée revient au vétérinaire. Aucune dose, aucun rythme ne doit être décidé de sa propre initiative.

Plus le traitement est précoce, meilleur est le résultat : sur un animal déjà couché et très pâle, l'antibiotique seul ne suffit souvent plus.

Les soins de soutien comptent autant que le médicament : ombre, eau propre à portée, alimentation appétente, repos absolu. Un animal très anémié peut mourir simplement d'avoir été poursuivi, attrapé ou transporté. Manipulez-le lentement, soignez-le sur place.

Une transfusion sanguine peut être envisagée par le vétérinaire sur un animal de valeur.

Le traitement fait disparaître les signes mais ne débarrasse pas toujours l'animal de la bactérie : il reste souvent porteur et sert de réservoir pour les tiques. C'est pourquoi la maîtrise des tiques reste indispensable même après une guérison.

Les délais d'attente pour la viande et pour le lait, indiqués sur la notice de chaque produit, doivent être respectés à la lettre. Faites-les préciser par le vétérinaire avant tout abattage ou toute traite.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Lutter contre les tiques est le levier principal, et il protège en même temps contre la babésiose, la theilériose et les autres maladies transmises par la même piqûre. Les produits antitiques existent en plusieurs familles et sous plusieurs formes, en application externe ou en injection ; le choix et le calendrier se construisent avec le vétérinaire selon la saison et la région.

Traiter aussi les bâtiments : certaines tiques passent une partie de leur vie dans les fissures des murs et sous les mangeoires des bergeries anciennes. Reboucher les fissures et nettoyer en profondeur complète utilement les traitements sur les animaux.

Une aiguille par animal lors des campagnes de vaccination ou de traitement : c'est la mesure la moins chère et l'une des plus efficaces. Nettoyer et désinfecter les lames de tonte, les couteaux de castration et le matériel de bouclage entre les animaux.

Mettre en quarantaine tout animal acheté, l'examiner, le débarrasser de ses tiques et en parler au vétérinaire avant de le lâcher au troupeau.

Éviter de faire entrer des animaux adultes n'ayant jamais vu de tiques en pleine saison à risque : c'est la situation qui produit les crises les plus graves.

Surveiller régulièrement la couleur des muqueuses du troupeau, en particulier au retour des parcours et après les périodes de forte présence de tiques.

Maîtriser les parasites internes et nourrir correctement : un animal bien nourri et peu parasité encaisse beaucoup mieux.

Complications possibles

Mort par anémie, souvent brutale et déclenchée par un effort, un rassemblement ou un transport.

Avortement chez les brebis gestantes et agneaux petits et faibles à la naissance.

Effondrement de la production laitière, qui ne remonte pas toujours dans la même lactation.

Amaigrissement durable et reprise d'état très lente : la fabrication de nouveaux globules rouges prend des semaines.

Récidives à l'occasion d'un affaiblissement, chez un animal resté porteur.

Aggravation mutuelle avec les parasites internes : deux causes d'anémie sur le même animal se cumulent.

Sensibilité accrue à toutes les autres maladies du troupeau tant que l'animal n'a pas refait son sang.

Quand consulter un vétérinaire

L'intérieur de la paupière ou les gencives d'un animal sont pâles ou blanchâtres : c'est une urgence, ne remettez pas au lendemain.

Les muqueuses ou le blanc de l'œil prennent une teinte jaune.

Un animal souffle au moindre effort, reste en arrière du troupeau ou refuse de se lever.

Plusieurs animaux s'affaiblissent en même temps pendant ou après la saison des tiques.

Un animal récemment acheté tombe malade dans les semaines qui suivent son arrivée.

Des animaux vont mal après une campagne de vaccination ou de traitement réalisée avec la même aiguille pour tout le troupeau.

Un animal meurt brutalement pendant un tri, un chargement ou un transport : signalez-le, cela oriente le vétérinaire.

Pronostic

Un animal traité tôt, dont les muqueuses sont encore rosées, récupère bien, mais il lui faut plusieurs semaines de bonne alimentation et de calme pour refaire son sang.

Un animal déjà couché, très pâle et jaune, garde un pronostic réservé même sous traitement : la manipulation elle-même peut suffire à le tuer.

À l'échelle du troupeau, le pronostic dépend de la maîtrise des tiques et de l'hygiène du matériel : sans cela, les cas reviennent chaque saison, toujours sur les animaux les plus productifs.

Les animaux guéris restent le plus souvent porteurs : ils vont bien, mais ils entretiennent la maladie dans l'élevage.

Questions fréquentes

Mon mouton est pâle et jaune mais ses urines sont normales : est-ce quand même une maladie du sang ?

Oui, et c'est exactement le profil de l'anaplasmose. Le sang y est détruit dans les organes et non dans les vaisseaux, donc l'urine garde sa couleur. Attendre l'urine rouge pour s'inquiéter fait perdre des animaux.

Peut-on attraper cette maladie en mangeant la viande ?

Non. Cette bactérie ne se transmet pas à l'homme. En revanche, les tiques ramassées sur les animaux peuvent transmettre à l'homme d'autres maladies : portez des gants pour les retirer et ne les écrasez jamais entre les doigts.

Pourquoi le vétérinaire insiste-t-il sur les aiguilles ?

Parce qu'une aiguille réutilisée transporte assez de sang pour contaminer l'animal suivant. Une campagne de vaccination faite avec la même aiguille pour tout le troupeau peut déclencher une série de cas quelques semaines plus tard. Une aiguille par animal est la mesure la moins chère de toutes.

Mes animaux guéris sont-ils débarrassés de la maladie ?

Le plus souvent non. Ils vont bien mais restent porteurs, parfois à vie, et les tiques qui les piquent contaminent les autres. C'est pourquoi la lutte contre les tiques reste nécessaire même dans un troupeau qui semble en bonne santé.

EN BREF

AgentBactérie
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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