Accueil › Animalia › Santé animale › Maladies animales › Campylobactériose abortive
Campylobactériose abortive
La campylobactériose abortive est due à des bactéries du genre Campylobacter qui s'installent dans le tube digestif des brebis, puis gagnent l'utérus des femelles gestantes et tuent l'agneau avant terme. C'est une des grandes causes d'avort...
De quoi s'agit-il ?
La campylobactériose abortive est due à des bactéries du genre Campylobacter qui s'installent dans le tube digestif des brebis, puis gagnent l'utérus des femelles gestantes et tuent l'agneau avant terme.
C'est une des grandes causes d'avortement en série chez les ovins. Elle ne se transmet pas d'un bélier à une brebis pendant la saillie, contrairement à ce que son surnom de vibriose laisse croire : chez le mouton, tout part de la bouche, à partir d'aliments, d'eau ou de litière souillés.
La maladie a une signature très reconnaissable pour l'éleveur : les avortements arrivent en fin de gestation, ils se multiplient sur plusieurs semaines, et ce sont surtout les jeunes brebis qui agnellent pour la première fois qui sont touchées.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Avortements dans le dernier tiers de la gestation, souvent sans que la brebis ait paru malade la veille.
Agneaux nés avant terme, morts ou trop faibles pour téter, qui meurent dans les premières heures.
Agneaux à terme mais chétifs, incapables de se lever, alors que la brebis semble normale.
Écoulement vulvaire brunâtre ou sanguinolent qui persiste plusieurs jours après l'avortement.
Rétention du placenta chez une partie des femelles.
La plupart des brebis qui avortent ne sont pas malades : c'est ce qui déroute et fait perdre du temps.
Une minorité fait une infection de l'utérus après l'avortement, avec fièvre, abattement, refus de manger, et peut mourir si rien n'est fait.
À l'échelle du troupeau : des avortements qui s'enchaînent sur plusieurs semaines, des brebis vides à la fin de la campagne, un nombre d'agneaux sevrés très inférieur à ce qui était attendu.
Sur les avortons, le vétérinaire recherche des lésions particulières du foie, que lui seul doit manipuler et interpréter.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
Les bactéries responsables vivent normalement dans l'intestin d'animaux porteurs qui ne montrent aucun signe : brebis apparemment saines, bovins, oiseaux sauvages, volailles.
Ces porteurs éliminent des bactéries dans leurs crottes. Une brebis gestante qui avale ces bactéries avec l'aliment, le foin, l'eau ou la litière fait passer l'infection dans son sang, puis dans le placenta.
Le placenta s'abîme, l'agneau n'est plus nourri correctement et meurt, ou naît trop faible pour survivre.
Une brebis qui avorte élimine ensuite des quantités énormes de bactéries dans l'avorton, le placenta et les écoulements. C'est à ce moment qu'elle contamine ses congénères : le premier avortement fabrique les suivants.
Cela explique le déroulement typique en vague, sur plusieurs semaines, à partir d'un ou deux cas isolés que personne n'avait pris au sérieux.
Brebis primipares, c'est-à-dire qui mettent bas pour la première fois : elles n'ont pas encore rencontré la bactérie et sont les plus touchées.
Dernier tiers de la gestation, période où la maladie s'exprime.
Agnelage en bâtiment, en lots serrés, avec une litière rarement renouvelée.
Aliment distribué au sol, auges basses souillées par les crottes, abreuvoirs sales.
Introduction d'animaux achetés sans quarantaine, en particulier de jeunes femelles gestantes.
Regroupement de troupeaux, transhumance, retour de pension, achats sur les marchés avant l'Aïd.
Avortons laissés dans le parc ou jetés sur le tas de fumier accessible aux animaux et aux chiens.
Absence de séparation des brebis qui ont avorté du reste du lot.
Transmission
La contamination se fait par la bouche : aliments, fourrage, eau ou litière souillés par des crottes ou par les produits d'un avortement.
Le danger principal vient des brebis qui viennent d'avorter : l'avorton, les enveloppes et les écoulements en sont chargés. Laisser un avorton dans la bergerie ou dans un parc, c'est contaminer tout le lot.
Les mains, les bottes, les fourches, les brouettes et les auges transportent la bactérie d'un enclos à l'autre.
Les chiens, les chats, les oiseaux et les rongeurs peuvent traîner un avorton et disséminer les bactéries très loin.
La saillie n'est pas la voie de transmission chez le mouton : traiter le bélier ne règle rien.
L'être humain se contamine par les mains portées à la bouche après avoir touché un avorton, du matériel souillé, ou en buvant du lait cru.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Ne cherchez jamais à faire le diagnostic vous-même : les grandes causes d'avortement de la brebis donnent toutes le même tableau et certaines sont transmissibles à l'homme.
Appelez le vétérinaire dès le deuxième avortement dans un lot, et même dès le premier chez une jeune brebis ou si la brebis est malade.
Gardez l'avorton et le placenta au frais, dans un sac fermé, sans les manipuler à mains nues : ce sont les prélèvements les plus utiles au laboratoire, et ils sont souvent jetés avant l'arrivée du vétérinaire.
Le vétérinaire fait analyser l'avorton, le placenta et des prises de sang sur plusieurs brebis. Il recherche en même temps les autres causes, en particulier la brucellose, la fièvre Q, la chlamydiose abortive et la toxoplasmose, car la conduite à tenir et le risque pour la famille ne sont pas les mêmes.
Une seule série de prélèvements bien faite coûte moins cher qu'une campagne d'agnelage entière perdue.
Il examine aussi les brebis qui ont avorté, à la recherche d'une infection de l'utérus qui demande un traitement rapide.
Traitement
Un avortement déjà survenu ne se rattrape pas : l'objectif du traitement est de protéger les brebis encore gestantes et de sauver celles qui font une infection de l'utérus.
Les brebis qui avortent avec de la fièvre, un écoulement nauséabond ou un abattement marqué relèvent d'un traitement antibiotique et d'un soutien général, décidés par le vétérinaire.
Dans un troupeau en pleine vague d'avortements, le vétérinaire peut proposer un traitement antibiotique collectif des femelles encore gestantes, éventuellement incorporé à l'aliment. Cette décision lui appartient : elle dépend de la cause identifiée, du stade de gestation et du type de production, et elle ne remplace jamais l'isolement des femelles qui ont avorté.
Aucun antibiotique ne doit être donné de sa propre initiative ni repris d'une campagne précédente : un traitement mal choisi masque les signes, fausse les analyses et laisse la maladie continuer.
Les délais d'attente pour la viande et pour le lait doivent être demandés au vétérinaire et respectés à la lettre, en particulier à l'approche de l'Aïd ou d'une vente d'animaux.
En parallèle du traitement, les gestes qui comptent le plus sont gratuits : isoler immédiatement toute brebis qui a avorté, ramasser l'avorton et le placenta, nettoyer et changer la litière.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Isolez sans attendre toute brebis qui a avorté, et gardez-la à l'écart tant que les écoulements durent. C'est la mesure la plus efficace de toutes.
Ramassez l'avorton et le placenta avec des gants, dans un sac fermé, et faites-les éliminer selon la réglementation : jamais au tas de fumier accessible, jamais aux chiens, jamais laissés dans un coin du parc.
Désinfectez l'emplacement, retirez la litière souillée et paillez abondamment.
Mettez en quarantaine tout animal acheté, en particulier les jeunes femelles gestantes, et parlez-en au vétérinaire avant de les mélanger.
Distribuez le fourrage et le concentré dans des râteliers et des auges que les animaux ne peuvent pas souiller de leurs crottes.
Protégez les réserves d'aliment des oiseaux et des rongeurs, et nettoyez régulièrement les abreuvoirs.
Allotez les jeunes brebis à part des adultes pendant l'agnelage : ce sont elles qui paient le plus lourd tribut.
Évitez de mélanger des lots d'origines différentes juste avant l'agnelage.
Des vaccins contre les avortements bactériens de la brebis existent dans certains pays : leur disponibilité varie et cette question doit être posée au vétérinaire, qui connaît ce qui est réellement accessible localement.
Vaccination
Il n'existe pas partout de vaccin disponible contre cette maladie, et sa mise à disposition dépend des pays et des périodes.
La question mérite néanmoins d'être posée au vétérinaire dans les élevages qui subissent des vagues d'avortements année après année : lui seul sait ce qui est réellement accessible et ce qui a du sens dans la situation de l'exploitation.
En l'absence de vaccin, la prévention repose entièrement sur l'hygiène de l'agnelage, l'isolement des brebis qui ont avorté et l'élimination correcte des avortons.
Complications possibles
Infection de l'utérus après l'avortement, pouvant aller jusqu'à une infection généralisée mortelle.
Brebis qui ne se remettent pas, restent maigres et ne reprennent pas la gestation la saison suivante.
Effondrement du nombre d'agneaux nés vivants et sevrés sur toute une campagne.
Installation de l'infection dans le troupeau, avec de nouveaux cas les années suivantes chez les nouvelles jeunes femelles.
Contamination de personnes de la famille, en particulier des enfants et des personnes fragiles.
Coût indirect important : brebis vides à nourrir toute une année, réformes anticipées, achats de renouvellement.
Quand consulter un vétérinaire
Deux brebis ou plus avortent dans le même lot, même à quelques jours d'intervalle.
Une jeune brebis avorte : c'est le profil typique de plusieurs maladies contagieuses, ne l'attribuez pas à un accident.
Une brebis a de la fièvre, ne mange plus ou reste couchée après un avortement : consultez sans attendre.
Un écoulement vulvaire malodorant persiste plusieurs jours.
Des agneaux naissent à terme mais trop faibles pour téter, plusieurs fois dans la même campagne.
À la fin de la saison, un nombre inhabituel de brebis se révèlent vides.
Une personne de la famille qui a manipulé un avorton présente de la fièvre ou une diarrhée : elle doit consulter un médecin et lui dire qu'elle a été en contact avec un avortement animal.
Transmission à l'humain
Les bactéries responsables de cette maladie figurent parmi les causes les plus fréquentes de diarrhée chez l'être humain. Le risque est réel, même s'il est rarement grave chez une personne en bonne santé.
La contamination se fait par les mains portées à la bouche après avoir touché un avorton, un placenta, une litière souillée ou du matériel d'agnelage, et par la consommation de lait cru.
Chez l'homme, cela se traduit par une diarrhée parfois sanglante, des douleurs du ventre et de la fièvre. Un avis médical est nécessaire, en précisant toujours le contact avec des animaux qui avortent.
Règle absolue à l'agnelage : on ne manipule jamais un avorton ni un placenta à mains nues. Gants, sac fermé, lavage des mains au savon ensuite, vêtements et bottes nettoyés.
Les femmes enceintes ne doivent pas s'occuper des agnelages ni approcher les brebis qui ont avorté, quelle qu'en soit la cause supposée : plusieurs maladies responsables d'avortement chez la brebis, comme la fièvre Q, la chlamydiose abortive et la toxoplasmose, sont dangereuses pour la grossesse humaine. Cette règle vaut aussi pour les enfants et les personnes immunodéprimées.
Ne consommez pas le lait cru d'une brebis qui vient d'avorter.
Pronostic
La brebis elle-même guérit en général bien, sauf si une infection de l'utérus s'installe.
Une femelle qui a avorté acquiert une bonne protection et fait le plus souvent une gestation normale les saisons suivantes : ce n'est pas une raison de la réformer systématiquement.
À l'échelle du troupeau, la vague d'avortements s'éteint d'elle-même en quelques semaines, mais la campagne est perdue.
Le pronostic des années suivantes dépend presque entièrement de l'hygiène de l'agnelage et de la gestion des jeunes femelles, qui restent le maillon fragile.
Questions fréquentes
Une seule brebis a avorté, dois-je m'inquiéter ?
Un avortement isolé ne dit rien à lui seul : il peut être accidentel. Ce qui doit déclencher une recherche de cause, c'est la répétition. À partir de deux ou trois avortements dans le même lot, ou d'un avortement chez une jeune brebis, appelez le vétérinaire. Attendre coûte souvent toute une campagne.
Mon bélier est-il responsable, faut-il le changer ?
Non. Chez le mouton, cette maladie ne se transmet pas pendant la saillie : la contamination passe par la bouche, avec les aliments, l'eau ou la litière souillés. Changer de bélier ne change rien, alors que ramasser les avortons et isoler les brebis qui ont avorté change tout.
Que faire de l'avorton et du placenta ?
Les ramasser tout de suite, avec des gants, dans un sac fermé, et prévenir le vétérinaire : ce sont les meilleurs prélèvements pour identifier la cause. Ils ne doivent jamais être laissés au parc, jetés sur le fumier accessible ni donnés aux chiens. Un avorton laissé sur place contamine tout le lot.
Ma femme est enceinte, peut-elle m'aider aux agnelages ?
Non, et c'est une règle sans exception. Plusieurs maladies responsables d'avortement chez la brebis peuvent gravement atteindre une grossesse humaine. Une femme enceinte ne doit ni assister aux agnelages, ni toucher un avorton, ni manipuler les vêtements et les bottes utilisés à la bergerie.
Références
WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)
FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 11 août 2026
EN BREF
Besoin d'un vétérinaire ?
Retrouvez un praticien près de chez vous sur TunisieVet, avec ses spécialités, ses horaires et ses coordonnées.
Trouver un vétérinaireCatégories
Espèces concernées
Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
Vous envisagez d'accueillir un animal ? Des chiens et des chats attendent une famille en Tunisie, et l'adoption est entièrement gratuite.
Annonces d'adoptionÀ découvrir
Maladies proches et contenus Animalia liés.
Rage
Virale · Vaccin disponible
Toxoplasmose
Parasitaire
Coccidiose
Parasitaire
Fièvre aphteuse
Virale · Vaccin disponible