Accueil Animalia Santé animale Maladies animales Défaut de transfert d'immunité colostrale

Partager
Maladie autre Vache

Défaut de transfert d'immunité colostrale

Le veau naît sans anticorps. Contrairement à l'être humain, il n'en reçoit aucun de sa mère pendant la gestation : le placenta de la vache ne les laisse pas passer. Sa seule source d'anticorps est le colostrum, le premier lait, très riche e...

De quoi s'agit-il ?

Le veau naît sans anticorps. Contrairement à l'être humain, il n'en reçoit aucun de sa mère pendant la gestation : le placenta de la vache ne les laisse pas passer.

Sa seule source d'anticorps est le colostrum, le premier lait, très riche en défenses. Le veau qui en boit assez, assez tôt, est protégé pour ses premières semaines. Celui qui en manque est sans défense.

On parle de défaut de transfert d'immunité colostrale quand le veau n'a pas absorbé une quantité suffisante d'anticorps. Ce n'est pas une maladie en soi : c'est la porte ouverte à toutes les autres.

À retenir

Un veau sans anticorps n'a l'air malade de rien. Le problème ne se voit pas au moment où il se produit : il se paie en maladies pendant tout le premier mois.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Il n'y a aucun signe visible du défaut lui-même : un veau sans anticorps paraît normal à la naissance. C'est ce qui le rend redoutable.

Les signes apparaissent sous forme de maladies qui s'enchaînent :

Diarrhée précoce, plus sévère et plus longue que chez les autres veaux du lot.

Infection du nombril, articulations gonflées.

Toux et troubles respiratoires dans les semaines qui suivent.

Fièvre à répétition, veau qui répond mal aux traitements ou qui rechute.

Croissance décevante, poil terne, veau qui reste petit par rapport à ses congénères.

Dans un élevage, le signe d'appel est collectif : beaucoup de veaux malades, des traitements fréquents, des mortalités inexpliquées dans le premier mois.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

Colostrum donné trop tard : la capacité d'absorption de l'intestin diminue dès les premières heures et disparaît en un jour.

Quantité insuffisante bue lors du premier repas.

Colostrum de mauvaise qualité, pauvre en anticorps : plus fréquent chez les génisses, les vaches à tarissement trop court, ou quand la vache a coulé du lait avant le vêlage.

Colostrum souillé par des bactéries lors de la traite ou du stockage : les germes gênent l'absorption des anticorps.

Veau incapable de téter correctement : vêlage difficile, veau faible, froid, ou mère au pis mal conformé.

Vache qui refuse son veau ou veau qui ne trouve pas la mamelle sans qu'on s'en aperçoive.

Colostrum congelé puis réchauffé trop fort, ce qui détruit les anticorps.

Vêlage difficile ou long : le veau est fatigué, tète tard et absorbe moins bien.

Naissance la nuit ou hors surveillance, sans vérification de la première tétée.

Génisses au premier vêlage, dont le colostrum est souvent moins riche.

Vaches à tarissement trop court ou mal alimentées en fin de gestation.

Vaches ayant coulé du lait avant le vêlage : leur colostrum est déjà dilué.

Température ambiante froide, veau qui se refroidit et n'a pas la force de téter.

Absence de réserve de colostrum congelé dans l'élevage.

Hygiène insuffisante lors de la récolte et du stockage du colostrum.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Le vétérinaire peut mesurer, par une prise de sang réalisée dans les premiers jours de vie, la quantité d'anticorps effectivement passée dans le sang du veau.

2

Ce contrôle est le meilleur indicateur de la conduite du colostrum dans un élevage. Réalisé sur quelques veaux, il dit si les pratiques fonctionnent, bien avant que les maladies ne s'accumulent.

3

La qualité du colostrum se contrôle aussi directement, à l'aide d'un instrument simple que le vétérinaire peut fournir et expliquer : cela permet de ne conserver que les bons colostrums et d'écarter les plus pauvres.

4

En cas de mortalités répétées de veaux, ce bilan doit être fait avant toute autre démarche : il change souvent le diagnostic d'ensemble.

Traitement

Si le défaut est repéré très tôt, dans les toutes premières heures de vie, un apport supplémentaire de colostrum de bonne qualité peut encore corriger la situation : le vétérinaire indique la conduite à tenir et, si le veau ne tète pas, réalise ou explique le recours à la sonde.

Passé la première journée, l'intestin n'absorbe plus les anticorps : donner du colostrum ne protégera plus le sang du veau, même s'il garde un intérêt digestif local.

Pour un veau déjà privé d'anticorps, il n'existe pas de rattrapage simple. Le vétérinaire peut proposer un apport d'anticorps par voie sanguine dans certaines situations : c'est un acte vétérinaire, jamais une manipulation d'élevage.

La conduite consiste alors à protéger ce veau : logement individuel très propre, litière sèche, protection contre le froid, surveillance rapprochée, intervention au moindre signe de maladie.

Ces veaux doivent être signalés et suivis : ils tomberont malades plus souvent, plus tôt et plus gravement que les autres.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Donner le colostrum le plus tôt possible après la naissance, sans attendre que le veau se lève seul : c'est la règle la plus importante de l'élevage du veau. Le vétérinaire précise le volume et le rythme adaptés.

S'assurer que le veau a réellement bu : voir la mamelle vidée ou, en cas de doute, distribuer soi-même au seau ou à la tétine.

Contrôler la qualité du colostrum avant de le donner et écarter les colostrums visiblement dilués ou sanglants.

Récolter proprement : mamelle nettoyée, matériel lavé, colostrum donné rapidement ou refroidi sans attendre.

Constituer une réserve de colostrum congelé issu de vaches saines et bien vaccinées, en portions individuelles, et la réchauffer doucement — un réchauffage trop chaud détruit les anticorps.

Soigner les vaches en fin de gestation : durée de tarissement suffisante, alimentation équilibrée, vaccinations conseillées par le vétérinaire.

Surveiller les vêlages, en particulier la nuit, et intervenir rapidement en cas de vêlage difficile.

Sécher et réchauffer le veau né par temps froid : un veau qui a froid ne tète pas.

Faire contrôler régulièrement, par prise de sang sur quelques veaux, l'efficacité réelle de ces pratiques.

Vaccination

La vaccination des vaches gestantes contre les agents de la diarrhée néonatale enrichit le colostrum en anticorps ciblés.

Ce levier n'a de valeur que si le colostrum est effectivement bu, tôt et en quantité suffisante : sans cela, la vaccination des mères ne protège aucun veau.

C'est la raison pour laquelle la conduite du colostrum passe avant toute décision de vaccination. Le vétérinaire construit le plan de vaccination des mères une fois cette base assurée.

Complications possibles

Diarrhées néonatales plus fréquentes, plus sévères et plus longues.

Infections du nombril, arthrites, septicémies.

Bronchopneumonies plus nombreuses et plus graves dans les mois suivants.

Réponse médiocre aux traitements et rechutes répétées.

Retard de croissance durable, âge au premier vêlage retardé chez les futures laitières.

Mortalité accrue durant le premier mois de vie.

Coûts d'élevage alourdis : médicaments, temps de travail, animaux réformés.

Quand consulter un vétérinaire

Votre veau n'a pas tété dans les heures qui ont suivi sa naissance : appelez le jour même, la fenêtre d'absorption se referme vite.

Le vêlage a été difficile et le veau est mou, froid ou n'a pas le réflexe de succion.

La vache n'a pas de colostrum, refuse son veau ou a coulé du lait avant le vêlage.

Vous ne savez pas si le veau a bu : demandez conseil plutôt que de supposer.

Beaucoup de veaux tombent malades ou meurent dans le premier mois : faites contrôler le transfert d'immunité par prise de sang avant de multiplier les traitements.

Vos veaux répondent mal aux traitements ou rechutent : la cause est souvent en amont, à la naissance.

Pronostic

Un veau correctement pourvu en anticorps aborde ses premières semaines avec de solides défenses : c'est le meilleur investissement de tout l'élevage du veau.

Un veau qui en a manqué reste fragile pendant plusieurs semaines, jusqu'à ce que son propre système immunitaire prenne le relais. Avec une surveillance rapprochée et un logement très propre, beaucoup s'en sortent, mais au prix de soins nombreux.

À l'échelle du troupeau, corriger la conduite du colostrum est l'action qui réduit le plus efficacement les diarrhées, les infections du nombril et les problèmes respiratoires du veau.

Questions fréquentes

Pourquoi le colostrum est-il si important dès les premières heures ?

Parce que le veau naît sans aucun anticorps et que son intestin ne sait les absorber que très peu de temps après la naissance. Cette capacité diminue heure après heure et disparaît en une journée. Passé ce délai, le colostrum nourrit encore le veau mais ne le protège plus.

Le veau tète sa mère : est-ce suffisant ?

Pas toujours. Un veau peut téter sans prendre assez, surtout après un vêlage difficile ou si la mamelle est mal conformée. Vérifiez que la mamelle a été vidée ; en cas de doute, distribuez le colostrum vous-même et demandez conseil au vétérinaire.

Puis-je congeler du colostrum ?

Oui, c'est même une excellente pratique. Prélevez-le proprement sur des vaches saines de votre élevage, congelez-le en portions individuelles et réchauffez-le doucement au moment de l'usage : une chaleur excessive détruit les anticorps.

Comment savoir si mes veaux ont bien reçu leurs anticorps ?

Par une simple prise de sang réalisée par le vétérinaire sur quelques veaux dans leurs premiers jours. C'est le seul moyen objectif, et c'est l'un des contrôles les plus rentables qu'un éleveur puisse demander.

Un veau qui a manqué de colostrum est-il perdu ?

Non, mais il part avec un handicap réel. Il faut le loger dans un endroit très propre et sec, le surveiller de près et appeler au moindre signe. Le vétérinaire peut, dans certaines situations, proposer un apport d'anticorps par voie sanguine.

EN BREF

AgentAutre
EspèceVache
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

Besoin d'un vétérinaire ?

Retrouvez un praticien près de chez vous sur TunisieVet, avec ses spécialités, ses horaires et ses coordonnées.

Trouver un vétérinaire

Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

Publicité
Haut Centre d’aide
Inscription
Suivez TunisieVet sur Facebook
Conseils, adoptions et actus vétérinaires
S'abonner