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Maladie parasitaire Mouton, Chèvre Transmissible à l'homme

Dicrocéliose

La dicrocéliose est due à la petite douve du foie, un ver plat minuscule, translucide, en forme de lancette, qui s'installe dans les canaux biliaires du mouton et de la chèvre. On la confond souvent avec la grande douve, mais tout les oppos...

De quoi s'agit-il ?

La dicrocéliose est due à la petite douve du foie, un ver plat minuscule, translucide, en forme de lancette, qui s'installe dans les canaux biliaires du mouton et de la chèvre.

On la confond souvent avec la grande douve, mais tout les oppose. La grande douve a besoin d'eau stagnante et de zones marécageuses ; la petite douve, elle, prospère sur les terrains secs, les collines calcaires, les parcours et les jachères. C'est le parasite du foie des régions sèches, donc de la plus grande partie des parcours tunisiens et maghrébins.

Son cycle est l'un des plus étonnants du monde vétérinaire : il passe par un escargot terrestre, puis par une fourmi dont le comportement est manipulé par le parasite.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Le plus souvent, rien de visible : des animaux qui paraissent normaux peuvent héberger un très grand nombre de petites douves.

Quand l'infestation est ancienne et massive : amaigrissement lent, animaux qui ne refont pas leur état après la lactation, laine terne, cassante, de moindre valeur.

Fatigue à l'effort, animaux qui restent en arrière sur les parcours accidentés.

Baisse d'appétit et baisse de la production laitière chez les femelles.

Pâleur des muqueuses lorsque l'anémie s'installe, en général discrète comparée à celle du ver rouge de la caillette.

Gonflement mou sous la mâchoire dans les cas avancés.

La jaunisse est rare, contrairement à ce que beaucoup imaginent d'une maladie du foie.

Chez les jeunes en croissance, une simple stagnation du poids alors que la ration paraît suffisante.

Le vrai signe d'alerte n'est donc pas un symptôme mais une information : des foies régulièrement saisis à l'abattoir sur les animaux de l'exploitation.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

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Causes et facteurs de risque

Les douves adultes vivent dans les canaux biliaires et pondent des œufs qui partent avec les crottes.

Un escargot terrestre, qui vit sur les terrains secs et non dans l'eau, avale ces œufs. Le parasite s'y multiplie, puis l'escargot rejette des amas de larves enrobées de mucus, sous forme de petites boules gluantes.

Des fourmis viennent boire ce mucus et avalent les larves. Une des larves gagne le système nerveux de la fourmi et modifie son comportement : le soir et au petit matin, quand il fait frais, la fourmi infestée grimpe au sommet d'un brin d'herbe et s'y accroche par les mâchoires au lieu de rentrer à la fourmilière.

Le mouton avale la fourmi en pâturant. Contrairement à la grande douve, les jeunes douves ne traversent pas le foie : elles remontent directement les voies biliaires depuis l'intestin. C'est pourquoi il n'existe pas de forme aiguë destructrice comme dans la fasciolose.

Installées dans les canaux, elles les irritent et les épaississent lentement pendant des mois, voire des années.

Parcours secs, collines calcaires, terrains pierreux, jachères et zones de garrigue : exactement les milieux où l'on trouve escargots terrestres et fourmilières.

Pâturage tôt le matin ou en fin de journée pendant les périodes fraîches.

Animaux âgés, qui accumulent les douves année après année, l'immunité contre ce parasite étant faible.

Troupeaux conduits sur les mêmes parcours depuis des années sans rotation.

Animaux mal nourris ou porteurs d'autres parasites digestifs : le cumul pèse beaucoup plus que la petite douve seule.

Zones où plusieurs espèces de ruminants et d'équidés se succèdent sur les mêmes parcelles.

Transmission

Il n'y a aucune contagion directe d'un animal à l'autre : tout passe par l'ingestion de fourmis infestées avec l'herbe.

Le risque est maximal aux heures fraîches, tôt le matin et en fin de journée, quand les fourmis parasitées sont accrochées en haut des végétaux. Pâturer aux heures chaudes réduit mécaniquement l'exposition.

Une parcelle contaminée le reste très longtemps : les escargots et les fourmis constituent un réservoir durable, indépendant de la présence des moutons.

Les bovins, les chèvres, les ânes, les dromadaires et plusieurs animaux sauvages peuvent aussi héberger le parasite et entretenir le cycle sur les mêmes parcours.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Le vétérinaire s'appuie beaucoup sur le contexte : type de parcours, âge des animaux, historique des saisies de foie à l'abattoir.

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L'analyse de crottes est possible mais délicate. Les œufs de petite douve sont petits, bruns et lourds : ils demandent une technique de sédimentation particulière et échappent aux méthodes utilisées en routine pour les vers ronds. Il faut le préciser au laboratoire, sinon le résultat peut revenir faussement négatif.

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L'excrétion des œufs est irrégulière : une seule analyse négative n'écarte pas l'infestation, surtout chez un animal peu chargé.

4

L'examen du foie d'un animal mort ou abattu reste l'élément le plus fiable : canaux biliaires épaissis, saillants, blanchâtres, et douves fines visibles en pressant le tissu.

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Les retours de l'abattoir sont un véritable outil de surveillance : demandez systématiquement ce qui a été observé sur les foies de vos animaux.

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Le vétérinaire vérifie aussi l'absence d'autres parasites, car la petite douve est rarement seule en cause dans un amaigrissement.

Traitement

Point capital : tous les produits actifs contre la grande douve ne fonctionnent pas contre la petite douve. Certains douvicides très efficaces sur la fasciolose sont sans effet ici. Utiliser le mauvais produit revient à payer un traitement pour rien tout en croyant le troupeau protégé.

Le choix de la molécule, de la forme et du moment revient au vétérinaire, sur la base du diagnostic et des produits disponibles localement.

La petite douve est logée dans des canaux biliaires épaissis, ce qui la rend plus difficile à atteindre que d'autres parasites : les échecs partiels sont fréquents et un contrôle après traitement est utile.

Aucune dose ni aucun rythme ne doit être décidé de sa propre initiative. Le traitement systématique et répété de tout le troupeau, sans diagnostic, coûte cher et accélère l'apparition de résistances.

Les animaux amaigris ont aussi besoin d'une alimentation soutenue : le foie met du temps à récupérer et le vermifuge seul ne refait pas un état.

Les délais d'attente pour la viande et pour le lait diffèrent nettement d'un produit à l'autre et plusieurs sont interdits chez les femelles dont le lait est consommé. Faites-les préciser avant tout abattage ou toute traite.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Il n'existe pas de moyen d'éliminer les escargots terrestres et les fourmis d'un parcours : la lutte contre les hôtes intermédiaires n'est pas réaliste, contrairement à ce qui se fait pour la grande douve avec les zones humides.

Faire tourner les parcours et éviter de ramener chaque année les mêmes animaux sur les mêmes zones infestées.

Décaler l'entrée au pâturage vers les heures plus chaudes de la journée, quand les fourmis parasitées ont lâché les brins d'herbe, réduit le nombre de fourmis avalées.

Éviter de faucher ras un fourrage destiné à être distribué en vert sur des parcelles connues comme contaminées.

Surveiller les retours d'abattoir : des saisies de foie répétées signalent un problème durable et justifient d'en parler au vétérinaire.

Soutenir l'alimentation, notamment en protéines et en minéraux : un animal bien nourri encaisse beaucoup mieux une charge parasitaire chronique.

Raisonner un éventuel traitement avec le vétérinaire, plutôt qu'à date fixe, en tenant compte de la saison et de l'état du troupeau.

Complications possibles

Épaississement définitif et durcissement des canaux biliaires, avec un foie qui ne redevient jamais tout à fait normal.

Amaigrissement chronique, mauvaise reprise d'état après la lactation, fertilité en baisse.

Anémie lente, laine dévalorisée, croissance insuffisante des jeunes.

Saisie systématique des foies à l'abattoir, avec une perte économique directe et répétée.

Aggravation de toutes les autres maladies parasitaires du troupeau, la petite douve venant s'ajouter à une charge déjà présente.

Quand consulter un vétérinaire

Des animaux maigrissent lentement sur des parcours secs, sans diarrhée et sans autre explication.

L'abattoir signale des foies saisis sur vos animaux, même si le troupeau paraît en forme.

Les brebis ne refont pas leur état après la lactation d'une année sur l'autre.

La production laitière baisse dans le troupeau sans cause évidente.

Un traitement contre la douve a été fait et les animaux ne s'améliorent pas : le produit n'était peut-être pas actif sur la petite douve, il faut le vérifier.

Des muqueuses pâles ou un gonflement sous la mâchoire apparaissent : consultez sans attendre, d'autres parasites plus rapidement mortels donnent les mêmes signes.

Transmission à l'humain

L'infestation humaine par la petite douve existe mais reste exceptionnelle : elle suppose d'avaler une fourmi infestée, par exemple avec des végétaux crus ramassés sur un parcours ou une boisson laissée à l'air libre. La viande de mouton n'est jamais en cause.

Il existe surtout un piège d'analyse à connaître : après un repas de foie parasité, des œufs de douve peuvent traverser le tube digestif humain sans qu'aucun parasite ne se soit installé. Une analyse de selles peut alors revenir positive à tort. C'est un faux parasitisme, sans maladie.

Les précautions relèvent du bon sens : laver les végétaux consommés crus, couvrir les boissons et les aliments lors des repas pris sur les parcours, bien cuire les abats.

En cas de doute sur une contamination humaine, c'est un médecin qu'il faut consulter, pas un vétérinaire.

Pronostic

Les animaux infestés vivent longtemps avec le parasite : la mort directe est rare, mais la perte de production est continue.

Un traitement bien choisi améliore l'état général, sans effacer les lésions déjà installées dans le foie.

À l'échelle du troupeau, la maladie ne disparaît pas d'un parcours : l'objectif réaliste est de limiter la charge et ses conséquences, pas d'éradiquer le parasite.

Questions fréquentes

Mon terrain est sec, sans mare : je pensais être à l'abri de la douve ?

C'est vrai pour la grande douve du foie, qui a besoin d'eau stagnante et d'escargots aquatiques. Mais la petite douve, elle, aime précisément les terrains secs et calcaires, parce qu'elle utilise un escargot terrestre et une fourmi. Un parcours sec ne protège donc absolument pas de la dicrocéliose.

Pourquoi mon analyse de crottes n'a-t-elle rien trouvé alors que le foie était saisi ?

Les œufs de petite douve sont lourds et demandent une technique de laboratoire particulière : les méthodes utilisées en routine pour les vers ronds ne les font pas apparaître. Il faut préciser au vétérinaire que l'on recherche une douve. De plus, l'excrétion est irrégulière : une analyse négative ne suffit pas à écarter le parasite.

Le vermifuge que j'utilise contre la grande douve marche-t-il aussi sur la petite ?

Pas forcément, et c'est l'erreur la plus fréquente. Plusieurs produits très efficaces sur la fasciolose n'ont aucune action sur la petite douve. Demandez explicitement au vétérinaire un produit actif sur la dicrocéliose, sinon vous traitez sans traiter.

Puis-je attraper cette douve en mangeant le foie de mon mouton ?

Non. Le foie parasité est écarté à l'abattoir et la contamination humaine ne passe pas par la viande ni par le foie cuit. Elle supposerait d'avaler une fourmi infestée, ce qui est très rare. Sachez toutefois qu'après un repas de foie parasité, une analyse de selles humaine peut revenir positive à tort, sans qu'il y ait de maladie.

EN BREF

AgentParasite
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainOui

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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