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Obstruction œsophagienne

L'obstruction œsophagienne survient lorsqu'un morceau d'aliment avalé entier reste coincé dans l'œsophage, le tuyau qui relie la gueule au rumen. Chez le mouton, le coupable est presque toujours le même : un morceau de betterave ou de navet...

De quoi s'agit-il ?

L'obstruction œsophagienne survient lorsqu'un morceau d'aliment avalé entier reste coincé dans l'œsophage, le tuyau qui relie la gueule au rumen.

Chez le mouton, le coupable est presque toujours le même : un morceau de betterave ou de navet, une pomme, un fruit ou une raquette de figuier de barbarie mal découpée, une pomme de terre, une carotte, un épi de maïs, parfois un morceau de pain sec gonflé de salive.

L'animal glouton, ou simplement affamé, avale sans mâcher. Le morceau descend, puis se bloque, le plus souvent au niveau du cou ou à l'entrée de la poitrine.

À retenir

Un mouton qui bave, tend le cou et dont le flanc gauche gonfle est en urgence vitale. N'enfoncez rien dans sa gorge et ne lui faites rien boire : appelez le vétérinaire tout de suite.

Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Le début est brutal, souvent au moment même de la distribution : l'animal s'arrête net, tend le cou en avant, secoue la tête et paraît paniqué.

Il bave abondamment : la salive coule en filet de la bouche parce qu'elle ne peut plus descendre. C'est le signe le plus caractéristique.

Il fait des efforts de déglutition à vide, tousse, régurgite de l'eau ou des aliments par la bouche et parfois par le nez.

Il refuse de manger et de boire, ou tente de boire et recrache aussitôt.

Le flanc gauche se remplit et se tend : le ballonnement s'installe rapidement et devient vite le danger principal.

La respiration s'accélère, l'animal ouvre la bouche, s'agite, ne tient pas en place.

On peut parfois voir ou sentir une bosse dure dans la gouttière du cou, en promenant la main le long de la trachée.

À un stade avancé : abattement, animal couché, muqueuses bleutées, mort par étouffement.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

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Causes et facteurs de risque

Un morceau d'aliment trop gros, dur et lisse, avalé sans être mâché, se coince dans l'œsophage.

Les racines et tubercules distribués entiers sont la cause classique : betterave, navet, pomme de terre, carotte.

Les fruits entiers viennent ensuite : pommes, coings, figues de barbarie, restes de marché ou de jardin jetés en vrac.

Dans le Sud et le Centre, l'usage du cactus et des raquettes de figuier de barbarie comme fourrage de sécheresse est très répandu : des morceaux mal découpés ou des fruits entiers bloquent régulièrement l'œsophage.

La faim et la concurrence à l'auge jouent un rôle majeur : un animal qui craint d'être chassé avale sans mâcher.

Une mauvaise dentition, fréquente chez les animaux âgés, empêche de broyer correctement.

Plus rarement, un rétrécissement ancien de l'œsophage, une inflammation ou une compression par un ganglion favorisent le blocage : ces animaux récidivent.

Distribution de racines, de tubercules et de fruits entiers, sans découpage préalable.

Utilisation du cactus et des raquettes de figuier de barbarie comme fourrage de sécheresse, avec des morceaux trop gros.

Animaux affamés, en fin de sécheresse ou après un jeûne, qui se jettent sur la mangeoire.

Concurrence à l'auge : mangeoire trop courte, trop peu de places, animaux dominés qui avalent vite.

Animaux âgés ou à mauvaise dentition.

Déchets de jardin, de marché ou de cuisine jetés en vrac aux animaux.

Agneaux et jeunes animaux curieux, qui avalent des objets ramassés au sol.

Animaux ayant déjà présenté une obstruction : un rétrécissement cicatriciel les expose aux récidives.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Le vétérinaire commence par apprécier l'urgence : un animal très ballonné doit d'abord être décomprimé, avant même que l'on ne s'occupe du corps étranger.

2

Il examine la bouche et le fond de la gorge, puis palpe soigneusement le cou à la recherche de la masse.

3

Il fait passer une sonde souple par la bouche : elle bute sur l'obstacle, ce qui en indique la position et parfois la nature.

4

Il évalue depuis combien de temps l'obstruction dure. Plus elle se prolonge, plus la paroi de l'œsophage souffre et plus le risque de déchirure et de rétrécissement cicatriciel augmente : c'est pourquoi l'appel doit être immédiat et non le lendemain.

5

Après le dégagement, il vérifie l'absence de complications, surveille la reprise de l'alimentation et de la rumination, et recherche une éventuelle fausse déglutition.

6

Chez un animal qui récidive, il recherche une cause sous-jacente au niveau de l'œsophage.

Traitement

Appelez le vétérinaire immédiatement, en décrivant la scène : animal qui bave, qui tend le cou, dont le flanc gauche gonfle.

En attendant, retirez tout aliment et toute eau, gardez l'animal debout et au calme, et ne le laissez pas seul. Une marche douce est possible.

Ce qu'il ne faut jamais faire : enfoncer un bâton, un tuyau d'arrosage, une tige de fer ou un manche de fourche dans la gorge pour pousser le morceau. Ce geste, encore courant, perfore l'œsophage et tue l'animal bien plus sûrement que l'obstruction elle-même. Une fois l'œsophage déchiré, il n'y a plus grand-chose à faire.

Ne versez rien dans la gueule : ni huile, ni eau, ni remède. Un animal qui ne peut pas déglutir enverra tout dans ses poumons, et la pneumonie qui suit est souvent mortelle.

Le vétérinaire, lui, dispose du matériel adapté : il calme l'animal, relâche l'œsophage avec des médicaments appropriés, lubrifie, puis fait descendre le corps étranger avec une sonde souple ou le retire par la bouche lorsqu'il est haut placé. Un pas-d'âne empêche l'animal de mordre le matériel.

Si le rumen est très tendu, il le décomprime pour faire baisser la pression pendant qu'il travaille.

La chirurgie de l'œsophage reste un dernier recours, réservé aux corps étrangers impossibles à mobiliser.

Après le dégagement, l'animal reste à jeun quelques heures, puis reprend par de l'eau et un fourrage souple, sous surveillance. Un anti-inflammatoire et une couverture antibiotique sont prescrits selon les cas.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

Ne jamais distribuer entiers les racines, tubercules et fruits : couper les betteraves, navets, pommes de terre, carottes et pommes en morceaux, ou les râper.

Pour le cactus et les figues de barbarie, découper les raquettes en petits morceaux et ne pas distribuer les fruits entiers.

Distribuer d'abord du foin ou de la paille avant les aliments appétents, pour que les animaux n'arrivent pas affamés à la mangeoire.

Prévoir assez de places à l'auge pour que chacun mange sans se presser, et séparer les animaux dominés.

Ne pas jeter aux animaux des déchets de marché, de jardin ou de cuisine en vrac : les trier et les découper.

Faire contrôler la dentition des animaux âgés.

Ranger hors de portée les sacs, les cordes, les morceaux de plastique et tout ce qu'un jeune animal pourrait avaler.

Garder le numéro du vétérinaire accessible : sur cette urgence, chaque heure compte, et les gestes improvisés en attendant sont ceux qui tuent.

Complications possibles

Ballonnement du rumen et mort par étouffement si l'obstruction n'est pas levée.

Perforation de l'œsophage lors de manœuvres brutales, avec infection grave du cou : l'issue est presque toujours fatale.

Pneumonie de fausse déglutition après administration de liquides par la bouche.

Nécrose de la paroi de l'œsophage lorsque le corps étranger reste bloqué longtemps.

Rétrécissement cicatriciel de l'œsophage, qui fait récidiver l'animal à chaque repas grossier et conduit souvent à la réforme.

Déshydratation et arrêt prolongé du rumen après la crise, avec une convalescence de plusieurs jours.

Quand consulter un vétérinaire

Un animal bave, tend le cou et fait des efforts pour avaler : appelez immédiatement, c'est une urgence.

Son flanc gauche gonfle après un épisode d'étouffement.

Il régurgite l'eau ou les aliments par la bouche ou par le nez.

Il respire vite, la bouche ouverte, ou paraît en détresse.

Vous sentez une bosse dure dans la gouttière du cou.

Quelqu'un a déjà tenté de pousser le morceau avec un bâton ou un tuyau : faites examiner l'animal même s'il semble soulagé, l'œsophage peut être déchiré.

Un animal s'étouffe régulièrement au moment des repas : il faut chercher un rétrécissement de l'œsophage.

Pronostic

Une obstruction récente, prise en charge rapidement par le vétérinaire, se lève en général bien et l'animal reprend une vie normale en quelques jours.

Plus l'obstruction dure, plus le pronostic s'assombrit : la paroi de l'œsophage s'abîme et les complications s'installent.

Les animaux ayant subi des manœuvres brutales avec un bâton ou un tuyau ont un pronostic très sombre, car la perforation de l'œsophage ne se répare pratiquement pas.

Un rétrécissement cicatriciel laisse un animal qui récidive : il devra recevoir des aliments finement découpés, ou être réformé.

Questions fréquentes

Puis-je pousser le morceau avec un tuyau, comme on le fait au village ?

Non, et c'est le conseil le plus important de cette fiche. Un tuyau, un bâton ou une tige poussés à l'aveugle perforent l'œsophage. L'animal meurt alors d'une infection du cou, après avoir semblé soulagé. Le vétérinaire fait descendre le morceau avec une sonde souple, après avoir relâché l'œsophage : c'est un geste sûr et rapide.

Pourquoi le ventre gonfle-t-il alors que le problème est dans le cou ?

Parce que le rumen fabrique des gaz en permanence et que l'animal les évacue en rotant, par l'œsophage. Si le tuyau est bouché, les gaz restent enfermés et le rumen se gonfle en quelques heures. C'est ce ballonnement, et non le morceau coincé, qui tue l'animal.

Puis-je lui faire boire de l'huile pour faire glisser le morceau ?

Non. Un animal qui ne peut plus avaler enverra l'huile dans ses poumons, ce qui provoque une pneumonie souvent mortelle. La lubrification se fait par une sonde, sous contrôle vétérinaire, une fois l'obstacle localisé.

Dois-je arrêter de distribuer des betteraves ou du cactus ?

Non, ce sont de bons aliments, en particulier en période de sécheresse. Il suffit de les découper en morceaux de petite taille, ou de les râper, et de ne jamais les distribuer à des animaux affamés qui se jettent dessus. Donnez d'abord du foin, puis le reste.

Références

MSD Veterinary Manual

FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture

Contenu relu par l'équipe éditoriale TunisieVet · Mis à jour 11 août 2026

EN BREF

AgentAutre
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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