Un troupeau de moutons paissant paisiblement près d'un champ de blé verdoyant au coucher du soleil.
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Les moutons de Sulayman et le jugement entre deux hommes

Un champ de blé ravagé, un troupeau de moutons égaré la nuit, et deux hommes en désaccord : c'est à Dawud puis à son fils Sulayman que revint la tâche de rendre un jugement juste sur cette affaire rapportée par le Coran.

3 min de lecture · Publié il y a 5 jours · 7 vues

Une nuit, un troupeau de moutons s'égara loin de son enclos et pénétra dans un champ de blé qui ne lui appartenait pas. Au matin, le propriétaire du champ découvrit sa récolte entièrement broutée et piétinée, réduite à néant. Furieux et désemparé, il vint trouver le prophète Dawud (David), que la paix soit sur lui, pour demander justice contre le propriétaire des moutons.

Le jugement de Dawud

Le Coran rapporte cet épisode dans la sourate Al-Anbiya. Dawud, informé des faits, rendit un premier jugement : le troupeau de moutons devait être remis en compensation au propriétaire du champ, puisque le dommage causé équivalait, selon son estimation, à la valeur du bétail. Ce jugement fut rendu avec la meilleure intention de rendre justice à la victime.

C'est alors que Sulayman (Salomon), le fils de Dawud, encore jeune mais déjà doté d'une grande sagesse que Dieu lui avait accordée, proposa une autre solution, plus équilibrée et plus juste pour les deux parties. Il suggéra que le propriétaire du champ prenne le troupeau, non pas pour le garder, mais pour profiter de son lait, de sa laine et de sa progéniture pendant le temps nécessaire à la repousse du champ. Pendant ce même temps, le propriétaire des moutons cultiverait et entretiendrait le champ endommagé jusqu'à ce qu'il retrouve son état initial. Une fois le champ restauré, chacun reprendrait son bien : le troupeau retournerait à son propriétaire, et le champ, de nouveau fertile, à son propriétaire d'origine.

Le Coran évoque cet événement avec sobriété, sans en détailler tous les termes exacts, mais en soulignant que Dieu a accordé à Sulayman une compréhension particulière de cette affaire :

(Sourate Al-Anbiya, versets 78-79 — évocation du jugement rendu par Dawud et Sulayman au sujet d'un champ ravagé par des moutons appartenant à des tiers)

Une sagesse qui rétablit l'équilibre

Ce que les exégètes retiennent de ce récit, c'est la différence entre un jugement qui répare une perte par une simple compensation, et un jugement qui restaure véritablement une situation à son état d'origine, sans priver durablement l'une ou l'autre des parties de son bien. Sulayman ne remit pas en cause l'intention juste de son père, mais Dieu lui inspira une voie qui préservait à la fois les droits du propriétaire du champ et ceux du propriétaire du troupeau.

Il est rapporté que ce jugement plut à Dawud lui-même, qui reconnut la justesse de la proposition de son fils. Ce récit illustre ainsi la manière dont la sagesse divine peut se manifester à travers différentes générations, chacune apportant un éclairage complémentaire à la recherche de la justice.

Ce que ce récit nous enseigne sur les animaux

Dans cette histoire, les moutons ne sont pas de simples objets de litige : ils représentent une richesse vivante, capable de produire du lait, de la laine et des petits, et donc de contribuer utilement à réparer un tort sans être sacrifiés ou dépossédés injustement. La sagesse de Sulayman rappelle que les animaux, confiés à l'homme, doivent être traités avec justice et discernement, jamais comme une simple monnaie d'échange.

Ce récit invite chacun, aujourd'hui encore, à considérer les animaux qui nous entourent avec la même mesure : leur bien-être et leur juste usage font partie intégrante d'une justice complète, celle qui n'oublie ni les humains, ni les créatures placées sous leur responsabilité.

Sources

Récit relu par l'équipe éditoriale Animalia.

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