Une chatte assise près d'une écuelle d'eau dans une cour ensoleillée ornée de motifs islamiques, illustrant la responsabilité envers les animaux.
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Un propriétaire est-il responsable du bien-être de son animal ?

Une femme fut punie pour avoir laissé mourir de faim sa chatte enfermée. Ce hadith rapporté par le Prophète ﷺ pose un principe simple mais exigeant : qui possède un animal en porte la responsabilité devant Dieu.

4 min de lecture · Publié il y a 1 jour · 5 vues

Le Prophète Muhammad ﷺ rapporta un jour à ses compagnons l'histoire d'une femme qui fut châtiée à cause d'une chatte. Elle l'avait enfermée jusqu'à ce qu'elle meure de faim, sans lui donner à manger ni à boire, et sans même la libérer pour qu'elle puisse chercher sa nourriture parmi les bêtes de la terre. Ce récit, rapporté dans Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim, est l'un des enseignements les plus clairs de la tradition islamique sur la responsabilité qu'implique la possession d'un animal.

Un principe de responsabilité directe

Ce hadith établit une règle simple : dès lors qu'un être humain prend un animal sous sa garde, qu'il le prive de sa liberté ou de ses moyens naturels de subsistance, il devient responsable de ses besoins essentiels. La chatte de ce récit n'était pas maltraitée par des coups ou des blessures visibles ; elle a simplement été négligée, enfermée sans accès à la nourriture. Or cette négligence a suffi à entraîner une conséquence grave selon les paroles du Prophète ﷺ, montrant que l'inaction et l'oubli peuvent être aussi lourds de conséquences que la cruauté active.

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Il est rapporté que les compagnons, en entendant ce récit, en comprirent la portée universelle : peu importe la taille de l'animal ou son utilité apparente pour l'homme, le fait de l'avoir sous sa garde crée une obligation morale. Un chat, contrairement à un chameau ou à un mouton, n'apporte pas de bénéfice matériel direct à son propriétaire ; pourtant le hadith ne fait aucune distinction. La responsabilité ne dépend pas de l'utilité de l'animal, mais du simple fait qu'il dépende de nous.

Un contrepoint qui éclaire l'enseignement

Dans le même enseignement rapporté par le Prophète ﷺ, un autre exemple est donné en contraste : celui d'une femme de mauvaise vie qui fut pardonnée pour avoir donné à boire à un chien assoiffé, en descendant puiser de l'eau dans un puits avec sa chaussure. Ce parallèle, également présent dans Sahih al-Bukhari, montre que la miséricorde envers un animal peut être source de pardon, tout comme la négligence peut être source de châtiment. Les deux récits se répondent et dessinent ensemble une même leçon : le sort d'un animal sous notre responsabilité n'est jamais indifférent aux yeux de Dieu.

Selon certains commentateurs de ces hadiths, cet enseignement dépasse le simple cas des animaux domestiques évoqués. Il s'applique à toute créature vivante placée, d'une manière ou d'une autre, sous la dépendance de l'homme : animaux de compagnie, bétail, animaux de trait ou de ferme. Dès lors qu'un être humain décide d'en assurer la garde, il ne peut se soustraire aux besoins fondamentaux de cet être : nourriture, eau, abri et soins lorsque cela est en son pouvoir.

Ce que cela signifie pour nous aujourd'hui

Cette tradition prophétique invite chaque propriétaire d'animal à s'interroger sincèrement sur la qualité des soins qu'il apporte à ceux dont il a la charge. Il ne s'agit pas seulement d'éviter la cruauté ouverte, mais aussi de veiller à ne jamais négliger les besoins quotidiens d'un être vivant confié à nos soins, qu'il s'agisse d'un chat, d'un chien, d'un oiseau en cage ou de tout autre animal.

Adopter un animal, c'est accepter une forme de pacte silencieux : lui garantir une vie digne tant qu'il dépend de nous. Ce principe, transmis il y a plus de quatorze siècles, résonne aujourd'hui avec une force particulière et rappelle à chacun que le bien-être animal n'est jamais une option secondaire, mais un devoir authentique de miséricorde.

Sources

Récit relu par l'équipe éditoriale Animalia.

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